[Review] Fais danser la poussière ou de la difficulté d’être un enfant racisé avec un parent blanc

Le téléfilm Fais danser la poussière est repassé cette semaine sur France Ô. Cela faisait longtemps que je voulais le voir, donc cette rediffusion est tombée à point nommé.

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce billet parce que ce film m’a mise tellement mal à l’aise que j’avais renoncé. Après avoir livetweeté tout mon malaise à ma partenaire in crime qui a eu la patience de m’écouter, je me suis dit que la réaction que j’ai eue était probablement dû à mes attentes en tant que Noire et fan de danse. Au bout de quelques jours de réflexion, j’ai trouvé suffisamment d’aspects positifs pour me donner envie de parler de ce téléfilm qui, je trouve, a quand même touché du doigt des thématiques importantes pour les Français métis et les artistes noirs d’une façon générale.


Synopsis (Wiki) : Élevée par sa mère bretonne, Maya, enfant métisse euro-africaine, part à la recherche de son histoire.

À travers ses rencontres, ses expériences et malgré ce monde sans indulgence ni complaisance, ni générosité à son égard, elle réussit à s’épanouir avec sa passion artistique : la danse.

Adapté du roman autobiographique du même titre écrit par Marie Dô, Fais danser la poussière suit Maya de l’âge de 5/6 ans à l’âge de 25 ans. Personnellement, je n’ai accroché qu’à la partie enfance, pré-adolescence soit les 45 premières minutes. Le thème du racisme y est traité subtilement à travers des scènes banales du quotidien d’une violence psychologique d’autant plus forte que la victime ici est une enfant. La première scène entre la mère et la fille est une séance de coiffure-torture. La mère n’a pas la patience face aux cheveux frisés qu’elle ne supporte pas de voir en afro. Entre deux cris de douleur, Maya lui demande : “maman, si j’étais blonde, tu m’aimerais plus ?”. Sa mère ignore la question et dit à voix haute : “ce que je ne donnerais pas pour avoir une fille aux cheveux raides…” [sous-entendu “je veux une fille aux cheveux raides”. D’ailleurs, j’attends de trouver un film qui n’élude pas la réponse adulte quand l’enfant demande clairement à son parent “la couleur de ma peau joue-t-elle sur le fait qu’on m’aime ou pas ?”]

Maya ne sait pas verbaliser la différence que sa mère cherche à gommer à tout prix. Interdiction d’avoir les cheveux non-attachés, interdiction de marcher dehors sans chapeau parce qu’elle est “suffisamment noire comme ça”. Ce n’est que lorsqu’elle passe ses vacances chez Camille et Alice, son grand-oncle et sa grand-tante, que Maya peut être complètement libre dans ses mouvements et dans sa tête. En grandissant, elle comprend que son père n’est pas “le Saint-Esprit” comme sa mère le lui avait raconté quand elle avait 5 ans. Convaincue d’être une erreur de jeunesse (la vérité est plus sordide comme nous le découvrons à la fin), la fillette de 9 ans subit de plein fouet le racisme de la famille de son beau-père blanc. Maya n’a même pas l’autorisation d’assister à la cérémonie de mariage ou aux grandes réunions de famille. Pendant que ses demi-frères, sa demi-soeur, sa mère et son beau-père sont accueillis à bras ouvert par la matriarche le jour de Noël, Maya est laissée à la porte et doit passer l’après-midi dans le jardin enneigé, toute seule. La mère ne prend la défense de Maya qu’en une seule occasion. Menacée de renvoi après avoir frappé un garçon qui l’avait traitée de Miss Banania, Maya est convoquée chez la directrice avec sa mère. Cette dernière promet que son mari écrira à qui de droit pour parler “des vexations raciales dont sa fille a été victime”. La directrice consent à donner une dernière chance à Maya. Quand elle commence à prendre des cours de danse, la fillette s’épanouit enfin. L’approche frontal du racisme bien-pensant de la mère et du racisme insidieux de l’entourage disparaît complètement dans la phase adolescente-jeune adulte.

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Après la charge émotionnelle de la partie enfance/pré-adolescence, j’ai d’autant plus été déstabilisée par la partie qui est consacrée à la vie professionnelle et amoureuse de Maya. Détail important, elle fait de la danse, oui, mais de la danse classique. A priori, elle rêve donc d’être danseuse classique, mais à aucun moment, je dis bien à aucun moment, le téléfilm ne la montre victime d’un rejet de la part du monde classique à cause de sa couleur de peau. Son désir de faire de la danse moderne est expliqué comme le fait d’avoir trouvé enfin une forme artistique qui lui correspond, car elle a toujours été “éprise de liberté”, formulation plus positive que le “rebelle et indisciplinée” quand elle était enfant. C’est du moins ce que lui dit son premier maître de danse classique après lui avoir fait découvrir la compagnie de danse de Calvin Bailey, une compagnie américaine qui n’emploie que des danseurs noirs. Maya a des étoiles plein les yeux quand elle déclare sur le chemin du retour “un jour, je danserai pour Calvin Bailey”.

Maître de danse: Ah, Maya, toi et moi, nous avons un point en commun : notre différence. La différence fait souffrir, tu es bien placée pour le savoir, mais elle peut aussi nous rendre plus fort quand on l’accepte.

Pour info, le maître est Blanc et gay. Je sais que la vie n’est pas une compétition à l’oppression, mais le maître a pu réaliser son rêve de danse classique, malgré sa “différence”. Maya, elle, doit changer de rêve à cause de sa “différence”… En tout cas, c’est mon interprétation. Le téléfilm utilise une approche suffisamment ambiguë pour se satisfaire de l’explication que Maya lâche le classique parce qu’elle se sent plus libre dans la danse moderne. Néanmoins, avait-elle réellement une chance de faire carrière dans le classique ? Avait-elle réellement le choix de faire de la danse moderne ? L’histoire occulte cet aspect et préfère se focaliser sur les difficultés que Tim, le petit-ami de Maya, rencontre en tant que minorité blanche dans un univers noir. “Il ne suffit pas d’avoir le niveau, il faut être meilleur que les autres,” déclare Rovelli, leur professeur, quand Maya lui demande s’il pense qu’elle a le niveau pour se présenter à l’audition de la compagnie Bailey. Tim lui demande s’il pense qu’il a aussi ses chances. Rovelli a un petit rire avec un “pour toi, c’est pire, tu es Blanc”. Le ton est donné. Maya réussit l’audition, Tim est éliminé mais accepte de partir avec elle à New-York. La transition se fait sous forme d’un montage rapide avec Maya en voix-off qui lit la lettre qu’elle envoie à sa mère. Notons que c’est la première fois que Maya fréquente des Noirs. Voici comment elle décrit son environnement :

“Chère maman [… ici] tu as une goutte de sang noir, tu peux mettre ta mère blanche à la poubelle. T’es Black, point final. Ici, le mot métis ne fait pas partie de leur vocabulaire. Tu dois penser black, t’habiller black, lire black, aimer black. Manque de pot, moi j’aime white. C’est mal vu d’aimer un Blanche-Neige, comme ils disent. On m’a traitée de white nigger, négresse blanche. Vingt ans après que tu te sois fait traitée de “viande à nègre” à Paris, tu vois ma pauvre maman, on n’en sort pas. On nous force toujours à choisir un camp, mais moi je veux pas. Je fais partie des deux camps.”

Invités à une soirée organisée par la compagnie, Maya est outrée que Tim soit refoulé parce que c’est “Black only”, mais il l’encourage à rester parce que Calvin Bailey en personne assiste à la soirée et que networker peut permettre à Maya d’être titularisée. Effectivement, elle décroche une place de danseuse. Folle de joie, elle court annoncer la nouvelle à Tim qui, bagages en mains, la félicite en disant : “bravo! la solidarité raciale marche à fond”. Oui, Timmie est amer parce qu’il n’a pas trouvé de travail donc il ne peut pas obtenir de visa et doit retourner en France. Maya est effondrée à l’idée de rester seule et emménage avec d’autres danseurs de la compagnie. Et là, l’un d’entre eux fait un exposé sur la différence entre les afro-descendants français et les afro-descendants américains. Je ne résume pas :

“Ton père est africain. Tes ancestors n’ont pas connu l’esclavage comme nous les Afro-Americans. Tu n’as pas le poids du passé à porter. Après l’abolition, on a échangé l’esclavage contre le segregation. Il y a quinze ans encore, le Klan lynchait des nègres, les flics nous envoyaient des chiens si on ne pissait pas au bon endroit. A l’époque où ton père a étudié à la Sorbonne, on refusait au mien l’entrée à l’université de Atlanta à cause de la couleur de son peau. You know sister, toi et moi, nous sommes issus de la même race, pas de la même histoire.”

Maya ne conteste pas. Elle commente juste en disant qu’elle pense “à la neige, au jour de Noël. Tout ça me paraît tellement dérisoire”. Jusqu’à présent, je n’arrive toujours pas à avoir un avis tranché sur cette scène qui symbolise toute l’ambiguïté du téléfilm. Le but était-il de montrer ce qui se pensait sur les (danseurs) Noirs dans les années 80 ou était-ce réellement le message que le téléfilm cherche à passer : les Français noirs ont connu une situation moins pire que les Afro-Américains ? La réflexion de Maya signifie-t-elle qu’elle trouve que les oppressions qu’elle a subies n’ont pas d’importance par rapport à ce qu’ont vécu les Afro-Américains, par rapport à sa propre vie qui est au top du top à ce moment-là ? Ou, au contraire, était-ce pour rappeler au téléspectateur la scène où Maya reste à la porte de la famille à cause de la couleur de sa peau, qu’elle aussi a été opprimée dès son plus jeune âge ? Je ne sais pas. Et c’est ce qui me met mal à l’aise dans toute cette partie du téléfilm. Dans le contexte amoureux, Maya revendique sa partie blanche et la liberté de ne pas se mettre avec un Noir. D’un autre côté, le seul discours “politique” pour décrire l’histoire des afro-descendants français ne se fait pas de son point de vue à elle. C’est comme si l’intrigue fait tout pour invisibiliser la partie noire de son personnage en se focalisant sur sa couleur de peau comme un atout pour travailler de ce côté de l’Atlantique sans expliquer ni montrer pourquoi ça ne l’était pas quand elle était en France… Qu’elle aime white, pourquoi pas ? Mais qu’elle taise le monde qui la voit noire de façon négative, et qu’elle critique en même temps le monde qui la voit noire de façon positive et qui  lui permet de vivre sa passion et de travailler en occultant sa partie blanche, je ne comprends pas… J’ai l’impression que son personnage se targue d’articuler, de concilier l’enjeu amoureux personnel (vive le métissage et l’amour colorblind) et l’enjeu professionnel politique/économique qui lui n’est jamais défini aussi clairement… Le paradoxe voire l’ironie est quand même de condamner le principe de “une goutte de sang noir = tu es noir” comme si c’est une vision purement afro-américaine, comme si toute la vie de Maya en France et le rejet dont elle a été victime n’étaient pas été basés sur ce même principe.

Ou alors tout est à prendre au second degré ? Timmie qui pleurniche de ne pas avoir été pris dans une compagnie noire comme s’il n’avait pas le choix de se présenter dans d’autres compagnies, la leçon d’histoire sur la différence entre les afro-descendants US qui édulcorent la réalité des afro-descendants français.

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Quoi qu’il en soit, pour moi, Maya s’est retrouvée confrontée à la question de ce qu’est être un artiste noir. Elle n’exprime jamais son ressenti par rapport au fait de s’épanouir artistiquement dans un espace créé spécifiquement par et pour les Noirs, mais le fait même de faire de la danse moderne est-il le moyen pour elle d’exprimer la partie noire de son identité ou considère-t-elle qu’elle est juste une artiste ? Considère-t-elle que son art représente aussi bien sa partie blanche que sa partie noire ? Si elle avait fait carrière dans la danse classique, aurait-elle été considérée, se serait-elle considérée comme une simple artiste ou comme une artiste noire ? Vaste sujet, réponse complexe.

Fais danser la poussière m’a rappelé l’épisode 6 de la saison 2 de la série Fame. La petite-amie noire de Leroy veut devenir une étoile de la danse classique, mais son professeur lui conseille fortement de se tourner vers le modern jazz qui lui serait mieux adapté. Soutenue par Leroy, la lycéenne en discute avec Lydia Grant qui refuse de croire que l’autre professeur, hautement qualifiée et qu’elle considère comme une amie, soit motivée par le racisme. Pourtant, les faits sont là. Cette professeur a redirigé tous ses élèves noirs vers le modern jazz. La lycéenne exécute devant Lydia quelques pas de danse classique “à la perfection”. Convaincue que l’adolescente a effectivement le niveau pour passer dans la classe supérieure en classique, Lydia tente de discuter avec la professeur. Cette dernière reste sur ses positions et s’insurge même qu’on puisse la penser raciste en ressortant tous les arguments “mais de toute façon le corps noir est athlétique, il n’est pas fait pour la grâce”. Si ma mémoire est bonne, la lycéenne finit par être transférée dans une école plus prestigieuse et continue dans le classique. Je crois que la professeur raciste fait une pause pour prendre du recul. Le racisme dans les milieux artistiques est rarement représenté en tant que tel et est donc d’autant plus difficile à dénoncer. Difficile mais pas impossible.

Au final, je crois que ce n’était pas le propos de Fais danser la poussière. Ce n’était pas tant une question de racisme dans le milieu de la danse CLASSIQUE. C’était un parcours de vie. La lecture du roman m’éclairera peut-être sur ce que je n’ai pas compris à l’écran. La partie enfance est bluffante de réalisme sur les réflexions et attitudes racistes que même un enfant peut subir, sur la difficulté de se construire en tant qu’enfant racisé dont la partie non-blanche est niée par le parent blanc, sur la négrophilie/négrophobie qui sert à se déresponsabiliser par rapport à son propre comportement raciste quand on est Blanc. Je trouve sincèrement que le téléfilm capture bien le désarroi, les “maladresses” d’être une mère blanche avec un enfant racisé. Des gestes maternels simples comme coiffer son enfant, la protection de la peau, atteignent un degré de complexité qu’une mère blanche n’anticipe probablement pas ou pas suffisamment. C’est probablement frustrant de ne pas avoir les clés pour apporter les bonnes réponses à son propre enfant. Trois options s’offrent alors :
1) accepter son propre privilège et s’éduquer pour donner à son enfant toutes les armes pour qu’il puisse se défendre dans la société qui le verra comme “différent” à cause de la couleur de sa peau.
2) appliquer la technique de “si je ne parle pas du problème, alors il n’existe pas” et, tout en étant conscient des difficultés que son enfant rencontre à cause de la couleur de sa peau, le parent préfère minimiser et faire comme si tout va bien.
3) dénigrer l’enfant parce qu’il est non-blanc.

Ces options ne s’excluent pas mutuellement et peuvent être choisies consciemment ou pas en fonction des situations. Fais danser la poussière montre que c’est un jeu d’équilibriste de chaque instant.

Pour en revenir plus précisément au monde de la danse classique, il y a d’autres histoires à raconter. Les critiques acerbes que Benjamin Millepied a reçues quand il a déclaré que le Ballet de Paris manquait de danseurs de couleur auront eu le mérite d’une chose : (re)mettre en lumière ces quelques artistes français racisés servant d’exemples pour montrer que le système est colorblind et que seule l’excellence suffit pour réussir. On peut citer Charles Jude, Kader Belarbi, Jean-Marie Didière. Je suis particulièrement intéressée et intriguée par les parcours de Raphaëlle Delauney et Eric Vu-An. Leur biopic aurait certainement de quoi inspirer des filles et des garçons qui s’interdisent de rêver danse classique. Et que dire de Melvin Lawowi ? Le gagnant de l’édition 2015 de l’émission Prodiges est promis à un brillant avenir. Sera-t-il lui aussi un de ceux qui feront bouger les lignes pour que dire “danseur étoile noir” soit juste une constatation et non plus la célébration d’une exception ?

wait

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4 Comments Add yours

  1. Myriam.B says:

    La réflexion sur la coiffure m’a fait pensé à l’épisode de Grey’s anatomy où Dereck demande a Bailey comment coiffer sa fille vu qu’apparemment (il n’en a pas conscience) il s’y prend mal xD C’est revenu une autre fois cette histoire de coiffure d’ailleurs. C’est marrant mais avant cet épisode et ta review j’aurais jamais donné autant d’importance à une scène de vie normalement si simple… comme quoi on en apprend tout les jours sur comment un truc normal peut tourner raciste si on n’y fait pas attention. (Perso ma mère m’arrachait la tête quand elle me coiffait enfant, j’avais des noeuds de fou xD et vu que je suis blanche, c’est peut-être pour ça que je n’avais pas perçu toute l’importance de ce type de scène)

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    1. 1sunnylady says:

      Je n’ai pas insisté sur les cheveux parce que l’article était déjà long, mais comme tu en parles xD L’actrice qui joue Maya adulte a les cheveux rasés. C’est d’ailleurs son signe distinctif dans le milieu (elle était danseuse pour Kamel Ouali à l’époque Star Academy). Pour le besoin du téléfilm, on l’a affublée d’une perruque aux cheveux frisés. Et puis soudainement, quand elle est à New-York, elle fait qu’arriver devant son copain et retirer sa capuche. Elle a la tête rasée, mais rien n’est dit sur la signification pour elle de se raser la tête. Noire ou pas, une femme qui se rase la tête suscite toujours l’interrogation et s’inscrit dans une démarche particulière. Mais qu’elle le fasse dans le New-York des années fin 80 où justement revendiquer sa blackness passe par l’afro ou porter des tresses… j’avoue, je suis restée perplexe. mais bon lol le sujet est tellement complexe. C’est difficile de parler de tout en 90 minutes 😀 Pour les garçons métis, l’histoire des cheveux est probablement un peu moins lourde, mais la coiffure est un casse-tête pour les mamans qui doivent gérer seules les cheveux crépus de leur fille métisse. :/ et ça peut être un coup psychologique pour l’enfant

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  2. Astrid says:

    Les Afro-Américains aiment trop occulter l’histoire des Antillais. C’est nier l’esclavage en France.

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    1. 1sunnylady says:

      C’est vrai. Ceci dit, ce n’est pas spécifique aux Afro-Américains. Les luttes des Noirs pendant l’esclavage et leur rôle dans l’abolition sont souvent occultés aussi même quand on parle de l’esclavage en France.

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